| LES GESTES
FONDAMENTAUX | ||
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Nous qualifions certains gestes de « fondamentaux », mais aucun d’eux ne peut être considéré comme obligatoire. En effet, l’expérience de CL, plus que de miser sur la définition rigide de ce qui caractérise l’appartenance au mouvement, compte sur la communication des pas fondamentaux, et donc des gestes qui les favorisent, à travers l’« osmose » qui se produit entre ceux qui sont engagés dans une amitié non superficielle. Comme l’affirme le professeur Nikolaus Lobkowicz, autrefois recteur de l’Université catholique de Eichstätt : « Ce n’est pas un hasard si l’amitié est une des vertus que le mouvement fondé par don Giussani exerce le plus joyeusement; une amitié qui touche tous ceux qu’on rencontre sur le chemin et qui ne cesse pas, même si l’ami prend des chemins que l’on ne peut pas approuver ». En plus de l’invitation à la prière et à la vie sacramentelle normale chez tout catholique, le mouvement de don Giussani invite ses adhérents et tous ceux qui le désirent à un geste, généralement hebdomadaire, de discussion et de catéchèse. Au début, ce moment était appelé « raggio ». A partir de la moitié des années 70, tout en maintenant les mêmes caractéristiques de déroulement, il s’appelle « Ecole de communauté ». Ce geste, en effet, a pour but d’être une véritable école qui, à travers la lecture et la confrontation sur des textes indiqués par le Centre du mouvement, forme chez les adhérents une conscience plus claire de la nature du fait chrétien et de l’Eglise. Les textes indiqués sont généralement des textes du Magistère ou de don Giussani. L’Ecole de communauté est le moment normal de catéchèse et de rencontre, aussi bien pour les jeunes lycéens et étudiants que pour les adultes. Selon l’orientation donnée par don Giussani à chaque geste de la communauté dès le début, l’Ecole de communauté a elle aussi un caractère « public », une valeur pour tous, dans le sens où elle est ouverte à tout le monde et souvent proposée publiquement dans les milieux d’étude ou de travail. D’autres gestes ont une valeur fondamentale dans la vie du mouvement : la caritative, les vacances et la lecture (ou travail culturel). Ce terme indique le déroulement d’un geste caritatif, dévouement gratuit à une œuvre charitable qui scande la vie de manière régulière. Cette régularité et le fait que le geste ne soit pas accompli pour répondre de manière exhaustive à un besoin, servent à rappeler au quotidien que la « loi » la plus adaptée à la vie est la gratuité apportée par le christianisme. Les vacances, en particulier
celles qui sont vécues ensemble dans des localités de montagne, ont toujours été
un des moments privilégiés pour découvrir le goût de la compagnie chrétienne et
l’attitude de stupéfaction et de respect à laquelle cette compagnie éduque face
à la création. Du reste, comme on l’a déjà dit, c’est pendant le temps libre qu’on reconnaît ce à quoi un jeune ou un adulte prêtent véritablement attention dans la vie, et à quel idéal ils se consacrent. Les vacances, en groupe ou en famille, sont aussi l’occasion « missionnaire » pour proposer l’expérience rencontrée. Un autre moyen pour CL d’éduquer au sens critique, à la découverte de la dignité humaine et au vrai visage de l’Eglise, est l’invitation à la lecture de livres (notamment à travers ce qu’on appelle le « livre du mois ») et au travail culturel, en invitant à ne pas négliger la valeur du beau tel qu’il émerge dans certains chefs-d’œuvre de la musique classique, de la peinture et du cinéma. Des noms sont devenus familiers aux « ciellini » et ils les considèrent dignes d’approfondissement : entre autres, Dante, Leopardi, Pascoli, Ada Negri, Pasolini, Montale, Péguy, Eliot, Falco, Solov’ev, De Lubac, Dawson, Moeller, Mounier, ou encore Schubert, Beethoven, Mozart, Donizetti, mais aussi Giotto, Antelami, Masaccio, Caravaggio, et même Dreyer, et autres géants de la littérature et de l’art. Un des gestes qui a marqué la naissance et accompagné le développement de Communion et Libération est le chant, en particulier le fait de chanter ensemble. Qu’il s’agisse de chants liturgiques, de chansons nées de l’expérience de « ciellini » (certaines d’entre elles ont fait le tour du monde) ou de chansons tirées du répertoire populaire de différentes nations, le soin du chant est un des signes distinctifs des rencontres de CL. En effet, avec le chant, la communauté exprime de manière synthétique et persuasive son unité, le goût et la conscience nouvelle qui découlent de cette unité. Dès les débuts du mouvement, un des gestes les plus éducatifs est ce qu’on appelle le « fonds commun ». Il s’agit d’un fonds destiné à la construction de l’œuvre commune à travers le soutien apporté aux activités missionnaires, caritatives, culturelles. A ce fonds commun, chacun participe librement, en versant mensuellement un pourcentage de ses revenus (ce qui, au début de l’histoire du mouvement, était appelé la « dîme »). Le but de ce geste est le témoignage d’une conception communautaire de son bien, l’approfondissement de la conscience de la pauvreté comme vertu évangélique. Ce qui importe n’est pas le montant que chacun verse, mais le sérieux avec lequel on obéit à l’engagement pris librement. Ce sérieux seul, en effet, permet à chacun de s’éduquer à la charité, de prendre vraiment conscience du fait que ce que l’on possède n’appartient pas seulement à nous-mêmes et que dans notre budget personnel on doit également tenir compte des exigences de l’autre. Parmi les gestes de la vie de CL, il y a la rédaction commune de la revue officielle du mouvement. Litterae communionis - Traces, en effet, en plus de fournir chaque mois des articles et des approfondissements sur l’actualité culturelle et sociale, est l’instrument qui décrit la vie du mouvement. Une vaste section de lettres montre aux lecteurs les témoignages, les problèmes et
les défis qui naissent quotidiennement dans une vie de foi. |
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